Si près du but ! Pourtant non, je n’ai pas encore navigué pour de vrai. Je pourrais, plein de raisons m’en dissuadent et avant tout des raisons vilainement sages.

Plouf: mise à l’eau

Hé oui ! Tout c’est bien passé à ce niveau là, Øya et moi-même flottons depuis lundi 27 Janvier. Objectif atteint dans le timing, mon prévisionnel est pour l’instant respecté, surprenant !

Plus que quelques mètres avant la calle

Dans cette affaire, j’ai reporté la rénovation du circuit de gaz, et pas mal d’autres petits travaux ici et là. Si j’ai choisi de faire ces raccourcis, c’est pour préserver mon énergie et budget pour des travaux plus importants : si le bateau coule, on s’en fou du gaz.

Heureusement tout va bien, Øya ne coule pas. J’ai pu l’armer, trouver quel cordage va avec quel poulie, et découvrir à nouveau mon jeu de voile. L’armement fût assez compliqué dans la mesure où il est différent de celui des bateaux modernes et surtout, je ne l’ai jamais vu en place.

Monter au mât, redescendre, remonter avec du WD-40, frotter, se battre contre une araignée, redescendre… C’est ce genre de choses que j’ai fait ces jours-ci.

Ma mini annexe pliable

S’il je dois aller à Terre et prendre un bus alors il faut anticiper la marée. Avec mon annexe à rames la durée qu’il me faut pour aller jusqu’au ponton le plus proche est de 10min si le courant est faible, 20 s’il est fort. Je déteste rater les bus !

Le Blavet, homme à la mer

Le Blavet, c’est une petite rivière tranquille au nord-nord-est de Lorient, qui traverse Hennebont. Øya y est solidement attachée à ses deux bouées, en embossage derrière tous les autres bateaux.

Lundi dernier en 21h et 22h, j’entends des cris au loin, comme si un homme hurlait de rage, c’est tout près, sur la rive. Je vois une voiture et des gens ayant l’air plutôt énervés qui courent après un gars. Pensant qu’il s’agit d’un règlement de comptes s’annonçant violent, je tente d’appeler le 17. Mon portable à bug mais peu importe, j’ai vu entre temps les brassards « Police ».
Ok, c’est juste une arrestation ! Je peux me recoucher.

D’un coup les policiers recommencent à hurler, et je vois qu’un des fugitifs s’était jeté à la rivière pour tenter de traverser, 50m en amont d’Øya. Là c’est sérieux, plus d’un sont mort comme ça avant lui. Évidemment, le courant le pousse en quelques secondes sur moi et je lui recommande vivement de s’accrocher à mes amarres, « sinon tu vas crever »… Ce n’est pas en cette nuit noire d’hivers que cet homme habillé tout en noir serait facilement retrouvé…

Le courant est bien visible autour des bouées

Je l’ai aidé à se hisser à bord. Par le froid, il s’est plié en deux 10 secondes, donc je l’ai mis en PLS et l’ai enveloppé mon beau plaid tout propre tout juste sorti la veille de la machine à laver de ma cousine. Hé oui, un bain de minuit dans l’eau saumâtre du Blavet à 8 degrés, c’est pas une bonne idée.
On a échangé deux-trois mots, un gentil gars ma foi ! Je l’aurais bien invité à l’intérieur à boire un thé mais les policiers n’étaient pas d’accord. De toute facon j’ai pas de chauffage, il fait à peine plus chaud là dedans et c’est lui qui a le plaid.

Puis voilà, pendant une heure les projecteurs sur-puissants de la police illuminaient Øya sur le Blavet, un depuis la rive gauche, l’autre depuis la rive droite. Pas moins de 3-4 voitures de Police, deux ambulances et moi debout au centre de tout ça, dans mon pyjama sous les projos à attendre qu’ils viennent chercher mon visiteur.
« Salut Hennebont, regardez-moi, c’est Vincent ! », l’art de la discrétion…

Hennebont by night, il fait tout noir, une petite baignade ?

Les pompiers sont arrivés tout de néoprène vêtus sur un bateau pneumatique, accompagnés d’un policier en mode Robocop. Il a pris son colis menotté et noté mes coordonnées. Enfin, après avoir contribué à sauver une vie, j’ai pu aller dormir, sans mon plaid.

Pourquoi moi ?

Quelques articles sur ce fait divers: 20minutes, Ouest-France

Toujours là

Initialement, j’avais prévu de faire ma première navigation cette semaine, à l’occasion du convoyage d’Øya au port du Crouesty. Mais je suis toujours là…

Travaille

Aussi, on vient de me proposer un job sur le chantier naval. Même si je ne suis pas encore dans le mur, j’ai besoin d’argent. Admettons que je parte maintenant en voyage, je serais contraint de l’interrompre pour me refaire une santé financière. Si j’ai une opportunité maintenant alors que c’est pas encore la belle saison, je saute dessus.

Ça change tout ! Où mettre Øya ? Si je bosse à Lorient et dors au Crouesty à 80km de là ça ne fonctionne pas ! Je pourrais aller au port de Lorient, c’est même moins cher, mais je perds les avantages d’être en baie de Quiberon. Tant pis pour la baie de Quiberon, je reste dans le coin, c’est bien aussi.

Que ce soit sur un chantier naval ou en informatique, j’aimerai travailler. C’est la règle numéro 2, il serait temps que je m’y intéresse sérieusement !

Enfoncer le clou, pour être vraiment prêt

La semaine dernière je comptais naviguer, je me disais chaque « je pars demain », mais à chaque fois je découvrais de nouvelles choses pour me retenir. J’étais sincère avec moi même, mais il faut bien voir les choses en face, il y a encore du pain sur la planche avant d’aller s’amuser. Je me suis donc imposé d’oublier l’idée d’aller naviguer, et de faire un bilan.

Après Ciara, la pétole

Le diagnostique est sans appel, depuis que je suis à l’eau je découvre les problématiques de la vie à bord. C’était bien là l’idée, mettre à l’eau vite pour voir les vrais problèmes rapidement.

Entre autre, j’ai découvert que ma gazinière n’est pas sécurisante, et qu’il faudra trouver rapidement une solution de chauffage sans le 220V.

J’ai donc profité de la tempête Ciara pour revoir ma liste de priorités, et elle est longue. Pas plus longue que prévu, mais par contre bien plus longue à traiter ! Je me concentre dessus, la première sortie sera pour bientôt, mais ça ne presse pas.


En fait je vais vous avouer qu’après un an de préparation je commence à avoir vraiment envie de grand air. Ça n’avance pas bien vite tout ça, mais à mon grand réconfort la météo n’est pas encore des meilleures pour naviguer. La patience et la persévérance s’imposent.
J’aimerais poster des articles plus existants que ça. Qui sait, après qu’un dealer de shit ait magiquement atterri sur mon pont, peut-être que mon annexe va être perforée par une météorite 😃 ?

Persévérance et patience…

Last Updated on 14 février 2020 by Vincent