Après deux semaines de travaux d’entretien dedans comme dehors, debout ou accroupi, se présente enfin une fenêtre météo me permettant de programmer la mise à l’eau d’Øya au lundi 27 janvier au soir. Ça signifie beaucoup de travail, donc la semaine fût une semaine intense !

Pour mettre à l’eau le bateau, il faut:

  • Appliquer la peinture anti-fouling.
  • Faire démarrer le moteur pour vérifier qu’il fonctionnera quand on sera dans l’eau.
  • Demander au chantier de soulever le bateau qui repose actuellement sur sa quille, afin que je puisse traiter la semelle (la partie inférieure de la quille).

Toutes ces opérations qui semblent relativement simples sont en fait assez exigeantes!

Øya en plein milieu du parking pour y faire les derniers travaux pendant le week-end

Détails des contraintes

Anti-fouling

Application de l’anti-fouling en cours.

La peinture anti-fouling exige d’être posée le plus tard possible car elle perd ses propriétés rapidement quand elle n’est pas immergée. Selon la peinture utilisé la tolérance est d’une semaine environ. À 200€ le pot de 5L autant faire attention !

En revanche, il lui faut tout de même être appliquée dans une atmosphère peu humide et qu’elle sèche pendant quelques heures.

Démarrage du moteur

Le système de refroidissement d’un moteur de bateau l’eau de mer, or avant la mise à l’eau, le navire est à sec.

Il faut alors faire tout un système avec un sceau d’eau alimenté par un tuyaux d’arrosage pour que le moteur puisse être testé correctement. C’est un système assez simple mais dont la mise en œuvre est vite pénible quand on est tout seul: on fait vite beaucoup d’aller-retours, on met de l’eau de partout à l’intérieur etc.

Je n’avais pas anticipé que le bouton de la poignée des gaz qui permet de débrayer la transmission était complètement grippé. J’ai donc passé 3H à le dégripper avec de l’essuis-tout et du WD-40. Ça c’était en bonus !

Par chance, le moteur a bien démarré, la batterie est encore en bon état, c’est pas plus mal.

Traitement de la semelle

La semelle est donc la partie sur laquelle Øya repose quand elle est à sec, en équilibre avec ses béquilles. De fait, elle est inaccessible, ni-même à la vue pour un contrôle visuel de son état.

En bas de cette photo, on voit que la semelle n’a pas été peinte car le bateau repose dessus

En soit ce n’est pas un problème: au pire c’est rouillé il faut traiter, au mieux on applique l’anti-fouling et c’est terminé.

La problématique que je rencontre moi est que traiter la rouille nécessite du temps de séchage, plusieurs couches, et par conséquent une météo favorable.

Il faut donc soulever le bateau pendant un week-end, comme ça l’engin du chantier n’est pas monopolisé pendant la semaine.

La chronologie

En fait, lundi je pensais refaire le circuit de gaz plutôt que de faire tout ça. Ce qui a radicalement changé mon programme est la météo.

Merci Gloria

La fameuse tempête Gloria a été une bénédiction pour moi puisqu’en installant un magnifique anticyclone sur les îles britanniques et la Bretagne au passage, j’ai eu du beau temps toute la semaine !

Plus de trois jours sans pluie en Bretagne en Janvier c’est une fenêtre météo à ne pas rater. J’ai alors reporté le projet du circuit de gaz à plus tard. Je le ferais quand je serais en Baie de Quiberon, en fait comme c’était prévu depuis le début, comme quoi…

Reprogrammation de la semaine

Il faut toujours faire les choses dans le bon ordre: poser l’anti-fouling sans avoir vérifié que le moteur fonctionne est risqué puisque s’il ne fonctionne pas et que la réparation prend du temps, alors il faudra certainement refaire l’anti-fouling. De même, il faut s’assurer que le chantier est disponible pour lever le bateau pendant plusieurs jours.

Après entretien avec le chef du chantier on a convenu de lever Øya pendant le week-end à partir du vendredi soir. C’est un peu un pari car la fenêtre météo se refermera sûrement pendant le week-end et on a eu cette discussion mardi… Mais un moment il faut se lancer !

Donc dans l’ordre, j’ai pu faire :

  • Mise en route du moteur mardi
  • Anti-fouling mercredi et jeudi
  • Le vendredi, reprise de rouille que je n’avais as vu jusque là, et levage du bateau avec les gars du chantier
Ben, d’où tu sors toi ?! Apparemment un voisin a une poule qui aime picorer l’époxy.

Une fois Øya levée, j’ai pu regarder sous la semelle et constater que comme je m’y attendais il fallait traiter de la rouille. Je ne m’attendais pas à autant, d’autant plus que la fenêtre météo se referme, les prévisions sont de la plus tout le week-end.

Je passe donc mon vendredi soir à calculer les temps de séchage en fonction des températures annoncées et mets en place un planning du week-end autour des heures de précipitation… Bref un casse-tête et je suis plutôt pessimiste sur le bon déroulement des événements.

Week-end non-stop

Le samedi matin commence avec une averse digne de ce nom, la première depuis longtemps ! Le bateau est trempé jusque sous la semelle bien évidemment.

La première étape que je dois faire est de gratter la rouille (encore), pour cela il faut qu’elle soit sèche. J’ai donc installé des morceau de scotch ici et là qui empêchent l’eau de ruisseler le long de la coque en la faisant plutôt goutter. Déjà rien que ça, ça sent le désespoir ! Bref, j’ai pu sécher mon bazar avec le décapeur thermique d’un voisin et commencé mon décapage.

Comme par hasard, le bateau était placé pile au dessus d’une flaque d’eau !

Quarte heures plus tard force est de constater que les prévisions n’ont pas été fiables et à mon avantage car il n’a pas plu à nouveau. Depuis j’ai pu poser la première couche du traitement.

Avec le décapeur thermique (un sèche cheveux puissant) que je déplace toutes les 5 minutes, j’arrive à faire prendre le traitement bien plus vite. C’est laborieux, très loin des bonnes pratiques et en plein dans le système D !

Pendant que certains font la fête un dimanche matin à 4H, moi je peins mon bateau !

Je scrute les prévisions à court terme toutes les heures et bien qu’il fasse gris, il ne pleut pas. J’ai pu poser une autre couche avant la nuit. Quand à la couche de primer intermédiaire, je l’ai posé à 4H du matin à la frontale puisque les prévisions annonçaient une forte détérioration le dimanche vers midi avec des averses.

Finalement, j’ai pu poser l’anti-fouling de la semelle le dimanche matin, c’est donc dans la poche, mais c’était plutôt sport…

Ce n’est pas fini, mais ça commence bientôt !

Les dernières petites choses à faire avant de mettre le bateau à l’eau: le ranger ! C’est un bazar sans nom depuis toutes ces manipulations.

Il faudra aussi poser une barre, vérifier le niveau de gasoil et préparer l’amarrage.

Ensuite, une fois à l’eau, je pourrais rester à quai deux jours gratuitement avant de partir pour un autre port. Si tout se passe comme j’aimerais, et surtout si les conditions le permettent alors je pourrais faire ma première sortie en mer dans quelques jours !

Moralité

Ça c’est fait exactement dans les conditions que je voulais éviter à savoir la précipitation, dans tous les sens du terme. Je ne suis pas mécontent de moi au final, j’y ai même pris du plaisir ! Je suis content d’avoir pu avancer autant dans mon programme.
J’ai fait du mieux que je pouvais avec les connaissances et les conditions que j’avais. Par contre pour une première expérience ça va, mais je ferais en sorte que la seconde se passe plus calmement.

C’est pas pour rien que personne ne fait ça en Janvier ! Mais au moins c’est fait.

Last Updated on 27 janvier 2020 by Vincent